2026-01-17 14:00:00
Beaucoup de logements locatifs, peu de maisons unifamiliales et encore moins de condos. Voici le résumé du bilan de la construction résidentielle au pays comme au Québec.
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Les mises en chantier résidentielles au Canada ont augmenté de 5,6 % en 2025, stimulées surtout par la construction de logements locatifs, rapporte la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL) dans son bilan de fin d’année publié vendredi.
Le nombre de mises en chantier s’est élevé à 259 028 logements en 2025, comparativement à 245 367 l’année précédente. Il s’agit du cinquième total annuel le plus élevé jamais enregistré, selon la SCHL.
Au Québec, on dénombre 59 864 mises en chantier en 2025, soit 24 % de plus que l’année précédente.
« C’est un niveau jamais vu depuis le milieu des années 1980, à l’exception des 67 800 mises en chantier de l’année 2021 durant la pandémie », selon Francis Cortellino, économiste du marché immobilier à la SCHL.
Il souligne aussi le « nombre record » de 43 506 mises en chantier de logements locatifs au Québec en 2025.
C’est 80 % de toutes les mises en chantier résidentielles, qui est aussi un niveau record pour le Québec. Par ailleurs, seulement 15 % des mises en chantier étaient pour des maisons unifamiliales et 5 % pour des condos, ce qui constitue un creux historique.
Francis Cortellino, économiste du marché immobilier à la SCHL
À l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ), on constate aussi une « année record » pour le secteur des logements locatifs.
« Avec 43 506 nouvelles unités locatives qui ont été mises en chantier en 2025 au Québec, c’est 22 % de plus que le record précédent établi en 2021 », note l’APCHQ dans un communiqué.
« La stabilisation des coûts de construction, la diminution des taux d’intérêt et les multiples programmes gouvernementaux ont soutenu la croissance de l’offre locative », selon l’Association.
Mais pour la suite en 2026, l’APCHQ s’inquiète que « le resserrement des critères du programme APH Select de la SCHL (assurance prêt hypothécaire) et la hausse des taux d’inoccupation de logements viendront compliquer le lancement de nouveaux projets de logements locatifs. »
Montréal au sommet
Parmi les principales régions métropolitaines au Canada, la région de Montréal se démarque avec une augmentation de 58 % des mises en chantier résidentielles en 2025 par rapport à l’année précédente.
En comparaison, la SCHL mesure une augmentation combinée de 3,9 % parmi les six plus gros marchés urbanisés au Canada.
Entre autres, l’agence fédérale dénombre une augmentation de 12 % des mises en chantier résidentielles dans la région d’Ottawa-Gatineau, mais une chute de 31 % dans la région de Toronto.
« Il y a plus de mises en chantier résidentielles dans le Grand Montréal (27 777) que dans le Grand Toronto (26 100) en 2025. C’est une première depuis le début des années 1990, alors que la construction de condos à Toronto est en situation difficile comme dans les années 1990 », observe Francis Cortellino, économiste du marché immobilier à la SCHL.
Il note aussi le « niveau record » de 23 100 mises en chantier d’appartements locatifs dans la région de Montréal en 2025.
« C’est 83 % de la construction résidentielle en 2025 – aussi un niveau record – qui était destiné au marché locatif. Pendant ce temps, seulement 9,5 % des mises en chantier étaient pour des condos et 7,5 % pour des maisons unifamiliales. »
Loin des besoins
Malgré le nombre élevé de constructions de logements locatifs, la SCHL avertit que cette offre additionnelle demeure bien en deçà des besoins estimés pour rendre le logement plus abordable.
Selon Mathieu Laberge, économiste en chef et premier vice-président de la SCHL, même bienvenue, l’augmentation de l’offre de logements locatifs en 2025 est « loin d’atteindre l’objectif ».
En juin dernier, la SCHL avait publié de nouvelles projections de la demande qui suggèrent que 4,8 millions de nouvelles unités devraient être construites d’ici dix ans en 2035 pour rétablir le niveau d’accessibilité au logement à son niveau d’il y a six ans, en 2019.
Cela signifie que la construction de 430 000 à 480 000 nouveaux logements – en propriété ou locatifs – serait nécessaire chaque année d’ici 2035.
« Une étape importante a été accomplie en 2025, mais nous n’y sommes pas encore. Il faudra du temps », indique l’économiste en chef de la SCHL.
Selon Mathieu Laberge, la dynamique des constructions résidentielles en 2025 a atteint son apogée au printemps et au début de l’été, avant de ralentir plus tard dans l’année.
Il constate aussi un changement de cap des promoteurs immobiliers vers les constructions résidentielles de moindre envergure.
Face à l’incertitude économique engendrée par la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis, selon M. Laberge, nombre de promoteurs immobiliers hésitent à lancer de grands projets, notamment dans les copropriétés.
Ils se sont plutôt tournés vers des projets moins coûteux comme des maisons en rangée, des plex et des maisons jumelées.
« Dans un contexte incertain, les promoteurs préfèrent construire petit et vite plutôt que grand et lentement. Je crois que c’est ce qui a véritablement soutenu le marché en 2025 », selon l’économiste en chef de la SCHL.
Avec La Presse Canadienne








