2026-01-09 13:58:00
- Obsédés par des scénarios apocalyptiques, de nombreux Américains font construire d’immenses bunkers dans leurs jardins.
- Des abris très coûteux et censés les protéger contre des attaques nucléaires, des guerres civiles ou encore des tornades.
- Regardez ce reportage du JT de TF1.
Une maison a priori ordinaire… qui cache, au fond de son jardin, une construction hors norme. À Sulphur Springs, au Texas (États-Unis), Ron Hubbard, constructeur d’abris antibombe et fondateur d’Atlas Survival Shelters, fait visiter à ses clients l’un de ses bunkers, bientôt recouvert de terre. Pour y accéder, il faut entrer dans la maison et pousser une fausse étagère, qui débouche sur un escalier descendant jusqu’à un abri souterrain de 100 m².
Une mini-forteresse tout équipée
À deux mètres sous terre, se dévoile un abri ultrasécurisé, conçu pour résister aux menaces les plus extrêmes, y compris nucléaires. Un bunker protégé par des portes blindées remplies de béton, qui, lorsqu’elles sont fermées, créent “un sas dans lequel on peut procéder à la décontamination”
, explique Ron Hubbard à Jay Conner, ingénieur et futur acheteur d’un bunker.
Derrière ce sas, c’est une mini-forteresse tout confort qui se révèle. On y trouve une cuisine, une grande salle de bain, des chambres… et même un rangement pour des armes. Ron Hubbard dirige également son client vers un “tunnel de secours, au cas où [son] entrée principale serait bloquée par des personnes qui veulent [le] tuer”
. Jay Conner compte acheter deux bunkers comme celui présenté par Ron Hubbard, pour protéger sa famille.

“Mes plus grandes peurs, ce sont les tornades et surtout les cambriolages armés. Il y en a de plus en plus dans notre monde. Je pense que je me sentirais vraiment protégé dans ce bunker”
, explique l’ingénieur. Et la note est salée : un tel bunker coûte plus d’un million de dollars.
“Ça les met au niveau du président des États-Unis”
Guerre civile, attaque nucléaire, changement climatique… Comme Jay Conner, un tiers des Américains se préparent à un scénario apocalyptique. Sur les réseaux sociaux, d’autres adeptes des thèses survivalistes présentent leur bunker, comme cette femme qui semble se tenir devant une fenêtre, laquelle est en réalité un “écran de sécurité que l’on peut contrôler”.
Toutes les fantaisies sont permises. “Ce bunker peut être utilisé comme salle de cinéma, de quoi s’occuper en cas de fin du monde”
, décrit un Américain en filmant une salle où se dressent deux rangées de larges fauteuils noirs.
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Pour répondre à cette nouvelle demande, Ron Hubbard a créé la plus grande fabrique de bunkers du monde, située à Sulphur Springs, près de Dallas. À l’intérieur, 50 bunkers sont en cours de construction. Du jamais vu. La plupart sont destinés à des clients très fortunés, au profil conservateur. “Il y a plusieurs choses qu’ils veulent absolument avoir : leur jet privé, leur bateau… Mais posséder leur propre abri nucléaire, ça les met au niveau du président des États-Unis”
, assure le fondateur d’Atlas Survival Shelters.

L’entrepreneur millionnaire n’a cependant pas oublié les bourses les plus modestes. L’un des bunkers les plus vendus actuellement coûte “seulement” 25.000 dollars. Un prix nettement plus bas que celui d’une voiture, aux États-Unis. Mais à ce prix, ne comptez pas sur un lieu de vie tout confort. Dans ces abris, on trouve simplement quatre couchettes basiques, un peu d’espace pour stocker des provisions et une batterie pour l’électricité.

L’industrie des bunkers a de beaux jours devant elle. Aux États-Unis, sa croissance est estimée à près de 10% d’ici cinq ans. Mais il n’y a pas que dans le pays de l’Oncle Sam que les bunkers ont le vent en poupe. Ils sont aussi très prisés des survivalistes britanniques.
Une équipe du 20H de TF1 a rencontré, en août dernier, au Royaume-Uni, Dave Billings, un créateur de contenus sur le survivalisme qui a dépensé près de 60.000 euros pour installer, sous son jardin, un bunker de 40 m² qu’il a construit lui-même. De l’autre côté de la Manche, les abris souterrains de luxe peuvent coûter jusqu’à 4 millions d’euros.










