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Beyond Weight Loss: Exploring Ozempic’s Potential for Other Health Conditions

Beyond Weight Loss: Exploring Ozempic’s Potential for Other Health Conditions

2026-01-18 12:00:00

Les « agonistes du GLP-1 » comme Ozempic, Wegovy et Mounjaro promettent une perte de poids spectaculaire en produisant une sensation de satiété. Des médecins estiment qu’ils pourraient être aussi utiles pour des maladies non liées à l’obésité.

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Les cardiopathies

L’an dernier, deux études ont montré que les agonistes du GLP-1, ces molécules qui imitent une hormone gastro-intestinale ralentissant la digestion et produisant une sensation de satiété, diminuent certains risques cardiovasculaires, même chez les patients ayant un poids normal. Ces résultats ont enthousiasmé Atul Verma et Abhinav Sharma, chercheurs au Centre universitaire de santé McGill (CUSM).

« Ils semblent avoir des effets cardiovasculaires bénéfiques indépendants de l’obésité », dit le Dr Verma, directeur de la cardiologie au CUSM, qui travaille à une étude sur la possibilité que les agonistes du GLP-1 réduisent le risque de fibrillation auriculaire. « Il y a une baisse de la pression artérielle ainsi qu’une amélioration au niveau du cholestérol et du fonctionnement des vaisseaux sanguins. Nous ne comprenons pas exactement les mécanismes en cause, mais ça semble lié à une diminution de l’inflammation. »

Le Dr Sharma, de l’Institut de recherche du CUSM (IR-CUSM), qui travaille sur le même projet, note que d’autres études semblent montrer une réduction du risque de crise cardiaque, indépendamment du poids.

Les agonistes du GLP-1 ont été au départ utilisés chez les diabétiques, parce qu’ils stimulent la production d’insuline, une hormone qui facilite le passage du sucre du sang vers les cellules. Comme les diabétiques perdaient du poids grâce à ces molécules, elles ont ensuite été approuvées pour traiter l’obésité.

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Psychiatrie

« Chez les diabétiques qui en prennent, il semblait avoir moins de démence », explique Simon Ducharme, neuropsychiatre au CUSM. Mais en décembre dernier, une étude internationale, Evoke, a conclu que le médicament avait des effets très limités, ce qui a sonné le glas des espoirs quant à l’effet des agonistes du GLP-1 pour contrer la démence. « Je pense que c’est la fin des efforts pour utiliser les agonistes pour les troubles cognitifs », dit le Dr Ducharme, qui faisait partie d’Evoke.

Par contre, il y a « beaucoup d’intérêt » pour s’en servir afin de traiter d’autres troubles psychiatriques, ajoute-t-il. « Il y a des études en cours pour vérifier leur effet sur les dépendances et même la dépression et les maladies bipolaires. On y songe aussi pour les troubles de l’humeur, mais c’est un peu plus une partie de pêche. »

Certains patients pourraient par contre avoir des problèmes liés à leur effet sur la satiété, observe le Dr Ducharme. C’était un souci potentiel pour leur utilisation contre la démence, parce que les patients sont souvent frêles et ne doivent pas perdre davantage de poids et de masse musculaire. De plus, ils pourraient être problématiques pour les gens ayant eu des troubles alimentaires. « La perte de poids pourrait les faire retomber dans le cercle vicieux de la compulsion alimentaire », souligne le chercheur.

PHOTO ANDREW SILVER, ARCHIVES REUTERS

Santé Canada a approuvé l’utilisation du Wegovy pour traiter la stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique.

Rein et foie

Autre développement plus positif : en décembre, Santé Canada a approuvé l’utilisation du Wegovy pour traiter la stéatohépatite associée à un dysfonctionnement métabolique (MASH). Il s’agit du premier traitement pour ce trouble du foie, qui touche plus d’un Canadien sur 20 et peut mener à la cirrhose, selon Giada Sebastiani, hépatologue à l’IR-CUSM.

Le quart des patients ayant une MASH ne sont pas obèses, indique la Dre Sebastiani. « Des données dévoilées à la réunion annuelle de l’Association américaine pour l’étude du foie ont démontré qu’une partie de l’effet positif sur le foie ne passe pas par la perte du poids », note-t-elle.

Les troubles du rein pourraient aussi bénéficier de l’aide des agonistes du GLP-1. En 2024, une étude publiée dans le prestigieux New England Journal of Medicine a montré des effets bénéfiques chez des diabétiques ayant des problèmes de reins, note le Dr Sharma. « Je pense que dans un premier temps, on pourrait utiliser les agonistes du GLP-1 pour le syndrome cardio-rénal-métabolique (CKM) », précise-t-il, soulignant qu’il traite des patients ayant ce problème à la clinique cardiométabolique qu’il dirige.

Est-ce que les problèmes de reins chez les patients non obèses pourraient aussi être visés ? « Ces médicaments semblent avoir des effets anti-inflammatoires qui dépassent la simple perte de poids », dit Babak Orandi, chirurgien de l’Université de New York, spécialiste des greffes chez les personnes obèses.

Le Dr Orandi a publié l’an dernier deux études montrant des effets bénéfiques de ces molécules sur les diabétiques ayant des problèmes graves de reins, effets qui ne dépendaient pas du poids du patient. L’une d’elles, publiée dans le Clinical Journal of the American Society of Nephrology, montrait que chez les diabétiques sous dialyse, la mortalité baissait du quart. L’autre, publiée dans le Lancet Diabetes & Endocrinology, concluait que la mortalité baissait du tiers après une greffe de rein.

« Les bénéfices des agonistes pour les troubles du rein ne dépendent pas du poids du patient », confirme Katherine Tuttle, de l’Université de Washington, spécialiste des comorbidités rein-diabète. Elle vient de publier dans Nature Reviews Nephrology une revue de la littérature où elle avance que ces médicaments pourraient diminuer la mortalité cardiovasculaire et générale chez les patients sous dialyse.

PHOTO JB REED, LA PRESSE BLOOMBERG NEWS

Les statines, comme le Lipitor, sont des médicaments anticholestérol.

L’exemple des statines

L’engouement pour les agonistes du GLP-1 peut être comparé à celui pour les statines il y a 20 ans, selon tous les chercheurs interviewés. Les statines sont des médicaments anticholestérol qui, au début du millénaire, étaient présumés avoir des effets au-delà du cholestérol, notamment pour les cardiopathies, les troubles cognitifs et le cancer. Finalement, ces effets ne se sont pas confirmés.

Je pense que les preuves pour les agonistes du GLP-1 sont plus fortes que pour les statines il y a 20 ans.

Le Dr Atul Verma, directeur de la cardiologie au CUSM

Thomas Eschenhagen, chercheur à l’Université de Hambourg, en Allemagne, en est moins sûr. Selon son analyse des résultats des études, « au niveau des cardiopathies, les données montrent que la majorité des effets sont associés à la perte de poids », dit-il.

Il avait publié en 2021 une étude montrant les effets des statines sur d’autres problèmes que ceux liés au cholestérol, dans la revue Circulation.

Selon M. Eschenhagen, les statines ont été présentées comme des médicaments miracles juste avant la fin de l’exclusivité des brevets. C’est la situation dans laquelle se trouvent actuellement les agonistes du GLP-1. « Je ne pense pas que c’est un hasard », note-t-il.

Les détenteurs de brevets auraient intérêt à maximiser les ventes de leurs médicaments avant la fin de leur période d’exclusivité. Par la suite, il n’y a généralement plus assez d’argent pour faire de nouvelles études afin de trouver de nouvelles applications.

Incidemment, une étude publiée en décembre dans les Annals of Internal Medicine a conclu que les agonistes du GLP-1 ne diminuent pas le risque de cancers liés à l’obésité.

En savoir plus

  • 2,5 % à 3,5 %
    Proportion de la population canadienne qui prend des agonistes du GLP-1

    Source : Institut canadien d’information sur la santé (ICIS)

    12 %
    Proportion de la population américaine qui prend des agonistes du GLP-1

    Source : Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC)

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