Russia to Reopen Embassy in Comoros Among First Diplomatic Missions

2026-01-22 04:28:00

Alors que le président américain Donald Trump bouleverse les grands principes de l’ordre mondial, la Russie avance ses pions en Afrique. Le ministre des Affaires étrangères russe, Serguei Lavrov, ne l’a pas caché lors d’une conférence de presse ce mardi 20 janvier. Interrogé sur les premiers contacts l’an dernier entre Moscou et l’alliance des États du Sahel, le ministre a indiqué travailler à “activement restaurer et étendre notre présence diplomatique, qui a été significativement réduite par le passé à cause de la dissolution de l’union soviétique.”

En 2025, trois ambassades russes ont été implantées au Niger, à la Sierra Leone et au Soudan du Sud. “Les ambassades de Gambie, du Libéria, du Togo et des Comores seront les prochaines à ouvrir“, précise Sergueï Lavrov, amenant Moscou à être représenté dans 49 pays africains. Son ambassadeur à Madagascar, Andrey Andreev, avait estimé son ouverture à la fin de l’année 2026.

Un fervent soutien aux revendications comoriennes sur Mayotte

Avec déjà 15 partenaires en Afrique, le ministre des Affaires étrangères ambitionne également de restaurer un réseau commercial. “Ce n’est pas suffisant, mais le travail est en cours“, précise-t-il. Pour cela, un troisième sommet Russie-Afrique sera organisé cette année, après ceux de 2019 et 2023. Les Comores présentent un intérêt pour Moscou à plus d’un titre : son pavillon permet de camoufler sa flotte de pétroliers fantômes, ses eaux territoriales contiennent des gisements d’hydrocarbures, mais surtout le pays continue de revendiquer une souveraineté sur le département français de Mayotte.

En soutenant l’argumentaire du président comorien Azali Assoumani, la Russie fait écho à ses propres revendications sur le territoire ukrainien pour justifier l’invasion du pays en février 2022. Les récentes menaces américaines pour acheter le Groenland leur donnent des arguments supplémentaires. Le ministre des affaires étrangères russe a d’ailleurs été interrogé sur “l’impérialisme américain qui a franchi un nouveau palier” et “la déliquescence évidente des élites européennes“.

Du lobbying à l’ONG pour “nettoyer les dernières traces de l’ère coloniale”

Selon Sergueï Lavrov, une partie du problème réside dans “les conséquences de l’ère coloniale“, un enjeu “de plus en plus pressant” prenant notamment exemple sur “la France qui continue de posséder l’île de Mayotte”, mais aussi “la Polynésie française, la Nouvelle-Calédonie et les îles Éparses.” Ce chapelet d’îles permet avec le 101e département à la France de posséder la moitié du Canal du Mozambique, et ses potentielles réserves de gaz, mais ces îles Éparses sont aussi revendiquées par Madagascar. Le gouvernement de transition a multiplié les échanges ces derniers mois, avec des représentants russes, américains, mais aussi ce mardi avec une rencontre entre le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, et son homologue malgache.

Moscou rassemble aussi des alliés pour une potentielle offensive diplomatique. Le ministre des Affaires étrangères russe a également indiqué le souhait de lancer une “importante campagne” au sein des Nations Unis pour “nettoyer les dernières traces de l’ère coloniale“, portée le groupe des amis pour la défense de la charte de l’ONU. Cette organisation a été créée en 2021 et compte 18 membres, notamment la Chine, la Corée du Nord, l’Iran, la Syrie, le Vénézuela et bien sûr la Russie. Actuellement, la situation de Mayotte est tiraillée entre deux grands principes du droit international : celui des peuples à disposer d’eux-mêmes et le celui de l’intangibilité des frontières.

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