Former Teacher Accused of Child Sex Abuse and Roommate Assault

2026-01-29 06:50:00

Un interne d’un lycée de Lunel (Hérault) est accusé d’avoir violé son camarade de chambre, le 4 janvier 2023. Déjà mis en examen pour le viol d’un enfant dans une famille d’accueil, le jeune, placé par l’Aide social à l’enfance, comparaît aux Assises à partir de ce jeudi 29 janvier 2026 à Montpellier. L’avocat de la victime pointe une série de manquements.

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C’est à l’internat Victor Hugo de Lunel que deux jeunes lycéens, tous deux mineurs au moment des faits, partagent une chambre. Cette nuit du 4 janvier 2023, la victime présumée commence à s’endormir, quand elle constate que son camarade de chambre et ami lui tourne autour. “D’un coup, il a senti une pression sur sa nuque, une contrainte sur ses mains. Puis son agresseur lui impose une pénétration“, relate Maître Sandro Assorin, avocat de la victime. Un viol qui ne dure qu’un court instant selon l’avocat, mais durant lequel la victime se retrouve tétanisée.

L’agresseur présumé, beaucoup plus fort que lui, tente alors de le menacer. “Il lui dit alors que s’il parle de quoi que ce soit, il reviendrait avec des amis qui ont des armes. Mon client est extrêmement mal toute la nuit et ne dort pas“. Le lendemain matin, l’adolescent est finalement libéré de la chambre et se confie à deux lycéennes au moment du petit déjeuner, après avoir appelé sa mère pour lui raconter les évènements de la nuit.

Les deux jeunes filles alertent alors la direction de l’établissement qui réagit rapidement et reçoit la mère de la victime ainsi que les deux jeunes colocataires. Des auditions sont ensuite conduites par des officiers de police judiciaire au vu de la gravité des faits. “L’agresseur va dans un premier temps raconter que l’acte est consenti et qu’il y a eu pénétration des deux côtés. Puis, il n’aura d’autre choix que de reconnaître l’agression“, précise Maître Sandro Assorin. En effet, un examen médical conduit par un médecin légiste démontre des séquelles prouvant l’acte de pénétration.

Mais l’agresseur reviendra finalement une troisième fois sur ces aveux, n’avouant alors qu’à demi-mot avoir commis un viol. “Je ne sais pas quel va être sa position à l’audience, mais le juge d’instruction a considéré que les faits étaient caractérisés et le jeune a été placé en détention provisoire, ce qui est rare“. Il poursuit : “Le juge de liberté et de la détention a estimé que c’était particulièrement dangereux de le laisser en liberté“.

L’agresseur présumé a donc été placé en détention provisoire au printemps 2023 pendant un an. Il a aujourd’hui été relâché, avec un accompagnement, avant l’ouverture du procès à la cour d’assises des mineurs, ce jeudi 29 janvier 2026, qui doit durer deux jours.

Ce qui est extrêmement grave dans ce dossier, c’est que l’accusé était déjà mis en examen pour viol sur mineur. Il a reconnu avoir violé un mineur de 7 ans alors qu’il était placé en famille d’accueil. Cela s’est produit deux ans avant le viol de mon client, il devait être âgé de 14 ou 15 ans“. Pour ces faits, il avait été mis en examen et placé sous contrôle judiciaire.

Un expert judiciaire écrit alors, noir sur blanc, que ce jeune homme ne doit surtout pas être dans une situation de promiscuité avec un autre mineur, au risque que les faits ne se reproduisent.

Maître Sandro Assorin, avocat de la victime

Malgré les recommandations de l’expert judiciaire, un juge des enfants ordonne via une mesure d’assistance éducative en milieu ouvert, un placement en internat. Ni l’éducation à la protection judiciaire, ni l’Aide sociale à l’enfance, qui sont informés de ce placement, ne s’y opposent. “Ce sont vraiment les deux instances qui à mon sens ont commis une grave erreur. Et le lycée n’a procédé à aucune vérification“, s’insurge Maître Assorin. “Personne ne dit rien, ce qui est complètement incroyable“. Les parents de la victime déplorent par ailleurs un manque d’accompagnement dans les jours qui ont suivi l’agression.

Ce drame aurait pu être évité, j’en suis certain.

Maître Sandro Assorin, avocat de la victime

Pendant plusieurs jours, l’agresseur est exclu de l’internat mais peut continuer à aller en cours, dans la même classe que mon client. Ça l’a particulièrement traumatisé“, s’indigne Maître Assorin.

L’agresseur est finalement exclu, tout comme la victime, plusieurs semaines après les faits. “Mon client était dans un mal-être que l’on peut imaginer. Le lycée a convoqué mon client et l’a exclu pour mauvais comportement. Aujourd’hui la famille de la victime a l’impression que le lycée s’est débarrassé de l’affaire et s’en est éloigné le plus possible“. Le lycée ne s’est d’ailleurs pas porté partie civile.

Pour l’un des deux avocats de la défense commis d’office, Maître Jean-Michel Bergon, c’est ici la personnalité de l’accusé qui est en cause. “C’est particulièrement ce qu’il a vécu, c’est un jeune mineur à qui de graves faits sont reprochés. On n’en arrive pas là par hasard. C’est tout un parcours de vie qui fait qu’il en arrive là“. C’est donc ce que l’avocat de la défense tentera de mettre en avant lors de ce procès. “Dans un procès, il y a deux axes, soit on part sur les faits et je plaide l’acquittement si les faits ne sont pas assez établis, soit on part sur la personnalité. Pour les mineurs il y a notamment un réel enjeu car ce jeune homme n’a que 20 ans aujourd’hui, il est au début de sa vie“.

Dans la mesure où mon client s’est fait violer au lycée, c’est devenu pour lui une source d’angoisse“. Dans l’impossibilité de retourner dans un établissement scolaire, le jeune lycéen ne passera jamais son bac. “Il a été pris en charge par des institutions qui lui ont permis de se soigner avec un suivi par des psychologues, psychiatres, infirmiers… Il a effectué un gros travail sur ce qui lui est arrivé“. Si le jeune homme agressé se sent mieux aujourd’hui, il lui reste impossible de reparler des faits et de témoigner lors du procès. “Ça lui est même déconseillé par ses médecins“, relate son avocat. Sa mère, en revanche, s’exprimera à la barre.

J’espère sincèrement que l’agresseur dira la vérité, reconnaîtra les faits et qu’il fera preuve de courage pour affronter et présenter des excuses à mon client.

Maître Sandro Assorin, avocat de la victime

Maître Assorin souhaite que ce procès soit pour son client l’occasion d’être reconnu comme victime, pour engager un processus de reconstruction. L’avocat a également l’intention d’aborder les dysfonctionnements des institutions de protection de l’enfance. “Elles sont en grande partie responsables de ce qui est arrivé“. Contactés, l’Aide sociale à l’enfance de l’Hérault et le rectorat n’ont pas souhaité s’exprimer sur une procédure judiciaire en cours.

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