New Hiring System Leaves Teachers Feeling Overlooked

2026-01-29 20:03:00

Alejandro Morales a été recruté par l’UQAM à l’issue d’un processus de sélection où plus de 200 candidats étaient en lice. Pourtant, ce professeur de mathématiques de 41 ans, originaire de la Colombie, est à peu près certain de ne jamais recevoir d’invitation à déposer une demande de résidence permanente dans le cadre du Programme de sélection des travailleurs qualifiés (PSTQ).

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Son cas montre les limites du nouveau système d’immigration : le programme censé remplacer le Programme de l’expérience québécoise (PEQ) ne fonctionne pas pour certains profils que le Québec dit pourtant vouloir attirer et retenir.

Une centaine à Montréal

À l’UQAM, 25 professeurs étrangers sont directement touchés par l’abolition du PEQ, sans mesures transitoires. À la grandeur de Montréal, ils seraient plus d’une centaine dans les universités, selon la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

Ces professeurs étaient venus au Québec avec l’intention de demander la résidence permanente par le PEQ. L’abolition de ce programme, le 19 novembre 2025, a changé les règles du jeu en cours de route.

Face à cette situation, la CSN réclame une clause de droits acquis pour ces « orphelins » du PEQ. La centrale syndicale s’ajoute à un nombre croissant d’élus, de villes et d’organisations qui pressent le gouvernement du Québec de revoir sa position.

Lors d’une conférence de presse tenue jeudi matin à l’UQAM, la CSN a dénoncé une réforme qui laisse dans l’incertitude des travailleurs hautement qualifiés recrutés par les institutions québécoises elles-mêmes.

Une situation « aberrante »

Dans le PSTQ, Alejandro Morales est pénalisé, malgré son expertise et ses diplômes : il a plus de 40 ans, travaille à Montréal et n’a pas étudié au Québec.

« Les gens invités ont autour de 700 points. Moi, j’en ai autour de 500 », dit-il.

Comme plusieurs collègues, il se retrouve dans une situation « aberrante », selon la CSN : recruté à l’international pour répondre à des besoins du Québec, mais désavantagé par les critères du nouveau système.

Son permis de travail expire en 2028, mais l’incertitude demeure.

« J’ai vécu la plupart de ma vie hors de mon pays. Je voudrais avoir des papiers », explique ce père d’une fille de 9 ans.

Peu de marge de manœuvre

Pour Geneviève Hervieux, présidente du syndicat des professeurs de l’UQAM, le nouveau système pénalise les professeurs universitaires.

« Au-delà de 40 ans, l’âge ne donne aucun point, signale-t-elle. Or, un professeur d’université, ça ne commence pas sa carrière à 21 ans. C’est un long parcours. En général, on accède à des postes universitaires dans la trentaine. »

Caroline Senneville, présidente de la CSN, insiste aussi sur les conséquences humaines.

« Si leur permis n’est pas renouvelé, bien évidemment, ils vont devoir quitter. Ce sont des gens qui sont en train de se dire : est-ce que je vais devoir mettre ma maison en vente ? Est-ce que je vais devoir sortir mes enfants de l’école ? Est-ce que je vais devoir retrouver un travail dans un autre pays ? »

Pour elle, la situation pose un problème de principe.

Le gouvernement dit : je vous ai fait venir selon les règles. Et puis là, les règles changent en plein milieu de la partie.

Caroline Senneville, présidente de la CSN

Elle rejette l’argument selon lequel la responsabilité incomberait au gouvernement fédéral.

« On veut que le gouvernement du Québec cesse de blâmer le fédéral. On veut que le gouvernement mette une clause grand-père, qu’il garde ces personnes-là. »

Au milieu de la partie

Selon Geneviève Hervieux, le coût humain et institutionnel est important.

« Le processus de dotation d’un professeur, ça dure plus d’un an, explique-t-elle. Puis, les professeurs, ils travaillent déjà. Ils sont donc dans un parcours professionnel. Alors tous ces investissements, d’énergie, de savoir, ils vont être perdus. »

Une manifestation pour réclamer une clause de droits acquis est prévue le 7 février dans plusieurs villes du Québec, dont Montréal, à l’initiative du collectif Le Québec, c’est nous aussi.

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