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Documentaries & Books to Remember History By

Documentaries & Books to Remember History By

2026-01-10 22:22:00

Samedi 10 janvier marque les dix ans de la mort de David Bowie. L’hommage au créateur de Space Oddity a commencé dès le 1er janvier, là où on ne l’attendait pas. Durant le générique de fin du 8e et dernier épisode de la cinquième et ultime saison de Stranger Things, les principaux personnages de la série phénomène de Netflix étaient salués par un dessin les représentant un par un sur l’hymne Heroes de David Bowie.

C’est l’acteur Joe Keery, qui interprète Steve Harrington dans la série et qui est aussi musicien, qui a suggéré cette chanson en conclusion, une idée accueillie comme une évidence par la production. Après le revival phénoménal du tube de Kate Bush Running Up That Hill grâce à Stranger Things en 2022, et l’explosion récente des écoutes de When Doves Cry et Purple Rain de Prince, entendus dans l’ultime saison, Heroes de Bowie a connu à son tour une belle remontada début janvier sur les plateformes de streaming.

Deux documentaires sur Arte

Sa mort, le 10 janvier 2016 d’un cancer, David Bowie l’avait préparée avec soin. Durant la composition et l’enregistrement dans le plus grand secret à New York de son ultime album, Blackstar, l’artiste aux mille visages sentait la Grande Faucheuse venir. Il a d’ailleurs tiré sa révérence deux jours après la sortie de ce disque en forme de requiem. C’est ce que raconte notamment le documentaire David Bowie, Dernier Acte de Jonathan Stiasny, à voir sur Arte.tv et diffusé sur la chaîne télévisée le 16 janvier à 22h30.

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Afin de “comprendre l’ampleur de ce qu’il a accompli” avec ce dernier album dans lequel il regarde la mort en face et l’exprime avec une élégance poignante en musique, le réalisateur nous replonge dans la quête artistique de Bowie, depuis ses débuts. Alternant images d’archives et entretiens avec des proches, dont son fidèle ami et producteur Tony Visconti, et une poignée de musiciens proches comme Earl Slick, Reeves Gabrels et Mike Garson, le film emprunte un chemin non linéaire pour parvenir à ses fins.

On y entend régulièrement la parole de Bowie, ce grand visionnaire qui savait comme personne capter l’air du temps et le catalyser, cet artiste androgyne audacieux qui fit comprendre à son jeune public “qu’il n’existait pas une seule manière de se présenter au monde” mais bien plusieurs. Il révèle une pop star mal à l’aise avec le succès planétaire de Let’s Dance, un musicien en quête perpétuelle de nouvelles expérimentations sonores, une légende que rien n’intéressait plus que les contre-cultures, un défricheur qui comprit très tôt les révolutions des musiques électroniques et surtout d’internet. Bref, “un prophète culturel“, comme le résume Goldie.

Ce film est escorté sur Arte d’un autre documentaire, musical celui-là, en forme d’hommage à l’extraterrestre du rock, Heroes Never Die. Des artistes comme Jeanne Added, Peter Doherty et Carl Barât des Libertines, La Roux ou Faris de The Horrors, y racontent l’importance de Bowie dans leur parcours artistique et reprennent chacun un de ses hymnes, de Rebel Rebel et Rock’n’Roll Suicide à Let’s Dance.

Une biographie (en anglais) sur la dernière partie de sa trajectoire

Côté édition, l’an passé a été riche d’ouvrages sur David Bowie, de la formidable BD Starman, quand Ziggy éclipsa Bowie de Reinhard Kleist (Casterman) à Bowie, Hors cadre de Philippe Auliac (Harper Collins), qui mêle photos et souvenirs, en passant par David Bowie par David Bowie, un ouvrage collectif (Rock & Folk), le beau livre David Bowie par Claudio Fabretti (Hors Collection) et le très éclairant Bowie, les livres qui ont changé sa vie, publié aux Presses de la Cité.

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Cette année, dans un ouvrage de 400 pages paru le 1er janvier au Royaume-Uni, Lazarus: The Second Coming of David Bowie (non traduit), le journaliste britannique Alexander Larman entend “combler les trous de la période la plus fascinante et négligée d’un homme remarquable”, celle du passage à vide qui s’ouvre à la fin des années 1980, après le succès planétaire de Let’s Dance.

L’auteur, qui a interviewé nombre d’artistes, musiciens et écrivains qui ont collaboré avec Bowie, y revient à son tour sur les derniers jours du Starman et sur le making off de son album crépusculaire, Blackstar. Selon lui “l’opinion générale est qu’il a été diagnostiqué d’un cancer du foie à l’été 2014″ mais dans son entourage, certains “ont suggéré qu’il savait que sa santé était mauvaise bien avant“.

Comme son fidèle producteur Tony Visconti le raconte aussi dans le documentaire d’Arte cité ci-dessus, David Bowie avait entamé une chimiothérapie sans le dire à ses musiciens, ceux du quartet de jazz expérimental de Donny McCaslin, durant le travail sur son dernier album Blackstar. Un jour, il ôte son couvre-chef en studio, révélant “son crâne nouvellement chauve” et levant tout doute sur son état. “Certains jours, il ne pouvait pas venir, mais quand il se mettait au micro, il était à fond. Je ne l’avais jamais vu aussi heureux”, ajoute Tony Visconti dans le livre d’Alexander Larman.

Au réalisateur du clip de Blackstar, Johan Renck, il fait cependant une révélation. “Je dois te dire que je suis très malade et que je vais probablement mourir. Je sens que je dois te le dire parce que je ne suis pas sûr d’être là pour le tournage du clip.” En novembre 2015, ses médecins lui annoncent que son cancer est en phase terminale, écrit Larman. Bowie s’empresse de tourner le clip de Lazarus.

Cette vidéo, qui sera diffusée trois jours avant sa mort, annonce clairement sa disparition imminente et boucle la boucle avec sa référence au Major Tom de son premier succès Space Oddity. “Regarde-moi, je suis au paradis/J’ai des cicatrices invisibles“, commence-t-il alors que le clip le montre, amaigri, les yeux bandés, en lévitation sur un lit. “Regarde-moi, mec, je suis en danger/Je n’ai plus rien à perdre/Je plane tellement que ça me donne le tournis“, continue-t-il, avant de conclure : “D’une manière ou d’une autre, tu sais que je serai libre/Comme cet oiseau bleu, c’est bien moi, non ?” et, à l’image, de disparaître dans le noir d’encre d’un placard.

Du suicide de Ziggy Stardust sur scène en 1973 jusqu’à cet adieu poignant attisé par l’urgence, Bowie aura fait de sa vie une œuvre d’art.

Un beau livre de photos

Le grand photographe rock Claude Gassian publie de son côté chez GM Edition un beau livre de photos consacré à David Bowie. Un artiste qu’il a suivi assidûment toute sa vie, fidèle au poste à quasiment chacun de ses concerts parisiens durant trente ans. Cet ensemble de photos, dont beaucoup sont prises sur le vif, témoigne des nombreuses métamorphoses de l’icône rock, qui se réinventait album après album dans sa musique comme dans ses tenues.

Prises au vol et à la volée dans l’urgence de ce qui était en train de se jouer, certaines de ces images manifestent une pureté géométrique et une radicalité visuelle que des heures de poses et de retouches digitales s’épuiseraient à vouloir produire sans garantie d’y parvenir“, écrit en préface le rock critic et écrivain Laurent Chalumeau.

David Bowie, Paris, 1976. (CLAUDE GASSIAN)

David Bowie, Paris, 1976. (CLAUDE GASSIAN)

Noir et blanc ou couleur, sur et hors scène, Claude Gassian a immortalisé avec passion l’homme aux mille visages, dès le Ziggy Stardust Tour en 1973. L’extraterrestre à la tignasse rouge et au cercle sur le front est saisissant de présence et sa gestuelle merveilleusement saisie par l’œil de Gassian. En 2021, le photographe nous avait confié avoir assisté “un peu au flan“, en tant que fan, au concert du 12 mai 1973 à Earl’s Court (Londres), quelques semaines avant que Bowie n’annonce la fin de Ziggy Stardust.

“Ce show, c’était une folie”, nous avait-il raconté. “D’abord il y avait l’hystérie collective dans la salle, même si le son n’était pas très bon dans cette affreuse grande salle. Mais Ziggy, c’était quelque chose qu’on n’avait jamais vu. Tous les musiciens étaient très maquillés, très habillés. Bowie a changé de tenues, ces incroyables costumes de Yamamoto, sept ou huit fois pendant le concert. Avec sa façon de bouger, presque comme un reptile, il avait un côté extraterrestre, un peu Orange Mécanique, 2001 l’Odyssée de l’espace.”

La couverture du livre de photos de David Bowie par Claude Gassian, paru le 9 janvier 2026. (GM EDITIONS)

La couverture du livre de photos de David Bowie par Claude Gassian, paru le 9 janvier 2026. (GM EDITIONS)

Claude Gassian saisit ensuite Bowie au Pavillon de Paris en mai 1976, élégant en pantalon à pinces, chemise blanche, gants blancs et cheveux peroxydés plaqués en arrière. Mais c’est le geste graphique de ses mains, ou la rampe de néons au-dessus de lui, qui font ici toute la différence. Sans compter, le même soir, ce cliché de l’artiste caméléon torse nu empoignant une guitare, qui en fait un faux jumeau d’Iggy Pop.

En 1977, Bowie est au comble du naturel lors d’une tournée d’interviews parisiennes, en chemise à carreaux et coupe courte. Mais Gassian trouve le moyen de le montrer devant une forêt de micros qui ondulent comme des serpents. Le Isolar II Tour au Pavillon de Paris en mai 1978, le Serious Moonlight Tour aux arènes de Fréjus et à l’hippodrome d’Auteuil en 1983, le Glass Spider Tour à La Courneuve en juillet 1987, puis les haltes françaises de Tin Machine : Bowie reste le même, tout en étant toujours autre. Jusqu’au Heaven Tour de 2002 à l’Olympia et au Zénith de Paris, où son élégance est à son comble. Sur cette centaine de photos exclusives, Gassian traque le moment juste, la fulgurance. Et il y parvient.

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