France Warns US: Greenland Seizure Threatens Franco-American Relations

2026-01-16 11:50:00

Dans un entretien accordé au journal américain le Financial Times, le ministre français de l’Economie Roland Lescure évoque ses échanges avec le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, au sujet du Groenland, alors que des soldats français ont été déployés à Nuuk, la capitale, dans le cadre d’un exercice européen.

Lors d’un nouvel échange réalisé cette semaine avec le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, le ministre français de l’Economie et des Finances, Roland Lescure, a rappelé la position de la France et de l’Europe au sujet du Groenland, rapporte ce vendredi matin le Financial Times.

L’entourage du ministre français a indiqué au journal économique que ce dernier a de nouveau averti son homologue américain, Scott Bessent, que toute tentative de s’emparer du Groenland constituerait un “franchissement de ligne rouge”, mettant en péril les relations économiques de l’Europe avec Washington.

Lundi dernier, les deux ministres s’étaient déjà rencontrés à Washington. Lors de cet échange, Roland Lescure a transmis un message similaire au Trésor américain, en soulignant la profonde inquiétude européenne concernant les revendications du président Donald Trump sur ce territoire arctic intégré au royaume du Danemark.

“Le Groenland est une partie souveraine d’un pays souverain qui fait partie de l’UE. Il ne faut pas y toucher”, a déclaré Roland Lescure.

Ces dernières heures, plusieurs pays européens ont envoyé, sur place, des contingents militaires dans le cadre d’un exercice de défense européen. Des militaires français ont été filmés par des habitants de Nuuk, la capitale. Ces chausseurs alpins, en treillis blancs, font partie de la quinzaine de militaires dépêchés par Paris pour une “exploration du Groenland” de trois jours avec d’autres armées européennes.

Interrogé par le Financial Times sur l’opportunité pour l’UE de riposter par des sanctions économiques en cas d’invasion du Groenland par Trump, Roland Lescure a déclaré: “Je n’irai pas jusque-là. Bien sûr, si cela se produisait, nous serions confrontés à un monde totalement nouveau et nous devrions nous adapter en conséquence.”

Main tendue pour “accélérer le rythme” face à la Chine

Alors que les différends entre le gouvernement français et l’administration Trump sont nombreux, le ministre de l’Economie a tout de même fait valoir que l’Europe devait toujours travailler avec les États-Unis sur des priorités communes, comme une initiative menée par la France au sein du G7 visant à réduire la dépendance à l’égard de la Chine pour les terres rares. La France entend présenter des propositions en vue du prochain sommet du G7 à Évian en juin, qui pourraient inclure des prix planchers et des accords d’achat.

“Nous devons accélérer le rythme sur tous ces sujets, car la Chine et les États-Unis n’attendent pas”, a déclaré Roland Lescure au Financial Times. “L’Europe doit affirmer sa force” en tant que marché majeur et puissance économique.

L’Union européenne et les États-Unis entretiennent de loin la relation commerciale bilatérale la plus importante au monde, rappelle le journal américain, avec un volume total d’échanges de biens et de services dépassant 1.600 milliards d’euros en 2024,selon les données de l’UE. Les États-Unis constituent le principal marché d’exportation des 27.

Malgré cela, la hausse des droits de douane américains et l’incertitude commerciale pourraient amputer le PIB de la zone euro d’environ 0,7% entre 2025 et 2027 selon la Banque centrale européenne. Mais cela pourrait être compensé par une réduction de certaines barrières au sein du marché unique, alors que les échanges commerciaux internes à l’UE ont baissé pour la première fois depuis près de dix ans l’année dernière.

Les géants du numérique n’ont qu’à “soit quitter l’Europe, soit respecter le droit”

Le ministre français indique avoir également abordé le sujet de la réglementation des géants technologiques américains en Europe. Roland Lescure a indiqué que Scott Bessent lui avait confié que les entreprises américaines “n’apprécient pas les amendes”, faisant référence aux sanctions financières infligées par l’UE aux groupes technologiques, comme les 120 millions d’euros imposés à X d’Elon Musk en décembre.

“Je lui ai dit que nous appliquerions le droit européen à toutes les entreprises qui font des affaires en Europe”, a-t-il déclaré.

Jeudi, le ministre de l’Economie a en effet soutenu, sur France Inter, que ces entreprises n’avaient qu’à “soit quitter l’Europe, soit respecter le droit”, assurant que la régulation européenne du numérique était “non négociable”.

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