2026-01-27 22:21:00
Les ménages sont plus que jamais sous pression, affirme le grand patron de Metro, Eric La Flèche. Tout en résistant le plus possible aux demandes d’augmentation des fournisseurs, il devient essentiel pour l’épicier d’offrir de la valeur aux consommateurs en magasin, sans quoi ils feront leurs emplettes ailleurs, analyse-t-il.
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Alors que le premier ministre du Canada, Mark Carney, annonçait en début de semaine une série de mesures visant à aider les familles pour qui le coût de l’épicerie était devenu trop élevé, le président et chef de la direction de Metro reconnaît pour sa part que « l’inflation alimentaire est persistante » et que la concurrence est forte.
« Les consommateurs sont à la recherche de valeur, plus que jamais, a-t-il déclaré au cours d’une rencontre de presse, mardi, après la tenue de l’assemblée générale annuelle avec les actionnaires. C’est difficile pour beaucoup de consommateurs. Il y a beaucoup de ménages sous pression. On en est très conscients. On travaille très fort pour offrir de la valeur dans toutes nos bannières. Si on n’en offre pas, nos clients ne sont pas au rendez-vous. »
PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE
Le chef de la direction de Metro, Eric La Flèche
C’est ce qui explique pourquoi l’entreprise a ouvert une douzaine d’enseignes au rabais au cours de la dernière année : sept Super C et cinq Food Basics. Au total, l’entreprise compte 117 Super C et 184 Metro. Au Québec, elle gère également Première Moisson, Adonis, Jean Coutu, Brunet, Marché Richelieu et Marché Ami.
L’entreprise doit également faire face aux demandes de hausses de prix formulées par les fabricants dont les produits se retrouvent dans les étalages.
« Le nombre de demandes est semblable aux deux dernières années, note M. La Flèche. On n’est pas dans les folies de la COVID. Les demandes sont un petit peu plus élevées, finit-il par préciser. Les fournisseurs subissent des pressions et veulent nous les refiler. On résiste le plus qu’on peut. Ça négocie fort pour des raisons de concurrence. Il faut que les prix augmentent le moins vite possible. »
Le grand patron a martelé que l’industrie de l’épicerie était très concurrentielle au pays.
« La plupart des gens savent ce qu’ils achètent »
PHOTO ALAIN ROBERGE, ARCHIVES LA PRESSE
Depuis le 1er janvier, une loupe nutritionnelle a été posée sur l’emballage des produits ayant une forte teneur en sodium, en sucre et gras.
Mais il n’y a pas que les prix qui changent à l’épicerie. L’emballage aussi. Depuis le 1er janvier 2026, Santé Canada exige qu’une loupe apparaisse sur le devant des emballages des aliments à haute teneur en sodium, en sucre et en gras saturés.
Cette loupe se retrouve sur les produits dépassant 15 % de la valeur quotidienne recommandée en sucre, en sodium et en gras saturé. Ce seuil passe à 30 % pour les plats principaux préemballés et à 10 % pour les petits aliments et les assaisonnements. Pour se soustraire à la loupe, plusieurs entreprises ont remanié leurs recettes.
Pour le moment, l’impact sur les ventes est difficile à mesurer, selon M. La Flèche. « Ça va avoir un impact. Mais la plupart des gens savent ce qu’ils achètent. Qu’est-ce que ça va faire au niveau des ventes ? On va mesurer, mais ça devrait avoir un impact, ça facilite l’accès à l’information. Puis les gens peuvent faire des choix. »
Panne à Toronto
Par ailleurs, la panne survenue au centre de distribution de produits surgelés de Metro à Toronto a eu un impact négatif sur les résultats du premier trimestre se terminant le 20 décembre 2025, qui ont été présentés mardi. L’évènement a entraîné des coûts de 20,8 millions au cours du trimestre.
La panne est survenue le 12 septembre et les opérations ont repris graduellement en novembre.
Résultats
La société montréalaise a dévoilé un bénéfice de 226,3 millions par rapport à 259,5 millions à la même période l’an dernier.
Les ventes sont en hausse de 3,3 %. Le chiffre d’affaires des magasins d’alimentation comparables a connu une hausse de 1,6 % d’une année à l’autre, ou de 1,9 % en tenant compte du fait que le 21 décembre n’était pas inclus dans le trimestre cette année. Celui des pharmacies comparables a progressé de 3,9 %.
L’action de Metro a perdu près de 5,5 % mardi, terminant la journée un peu sous 93 $.
Avec La Presse Canadienne