2026-01-24 17:44:00
Juste avant Noël, Mika a fait un aller-retour éclair à Montréal pour le tournage de séquences destinées à son prochain spectacle. En tout, il a passé 18 heures dans la métropole, dont 11 dans un studio.
«Ce sont des visuels de moi qui sont retravaillés et complètement intégrés à des écrans faisant partie du spectacle. Ce n’est qu’une toute petite partie de la production. Il y a des constructeurs qui sont en ce moment en train de travailler sur une scénographie qui fait 24 mètres de large, basée sur le constructivisme des années 1920 en France», explique l’artiste libano-américano-britannique, lors d’un entretien en visioconférence avec Le Journal.
Deux éléments ressortent de cette escapade éclair. D’abord, Montréal demeure l’une des villes favorites de Mika.
C’est là qu’il a enregistré la moitié des chansons de son nouvel album, Hyperlove.
«Je me sens bien à Montréal. Ce n’est pas assez grand pour se perdre, ni trop petit pour devenir fou. Il y a l’ancrage de la francophonie et de l’identité québécoise, mais contaminée avec tellement de cultures différentes, les Syriens, les Ukrainiens récemment, les Grecs.»
Créer sans demander la permission
L’autre chose à retenir, et qui définit l’artiste qu’est Michael Holbrook Pennuman Jr, alias Mika, c’est son refus de limiter ses élans créatifs.
Quand il a une idée en tête, aussi folle soit-elle, il va remuer ciel et terre pour la réaliser. «Je ne veux pas que les gens me disent que je n’ai pas le droit de faire quelque chose», martèle celui qui avait demandé et obtenu une fanfare et des effets pyrotechniques lors de sa prestation à Star Académie, en 2021.
Son crédo est simple: on n’est jamais si bien servi que par soi-même.
«Il faut rêver grand, il faut trouver une solution. Si je ne peux pas aller dans une grosse boîte pour faire un projet, je vais former la boîte moi-même. Si j’ai besoin de 25 looks pour une tournée et qu’une maison de mode me dit qu’elle ne va pas les faire, je vais ouvrir mon propre atelier et trouver un artisan pour m’aider.»
Ceci n’est pas une métaphore. Mika dispose d’ateliers dans plusieurs villes du monde. «On a des gens qui ont travaillé avec nous depuis 18 ans», dit-il fièrement.
Ne pas se soucier du regard des autres
Sans cette philosophie, il croit qu’il n’aurait pas créé un album comme Hyperlove, collection de chansons pop enlevantes et enjouées, qu’il admet être une réaction à la morosité ambiante due à la situation géopolitique.
«Je suis tellement confus, de temps en temps frustré, énervé, mais je reste à la fois émerveillé par certaines choses dans le monde. Je devais répondre avec ma version d’un portrait de l’époque dans laquelle je suis en train de vivre. Ça donne une musique qui donne envie de s’envoler, de lâcher prise.»
«Cet album, poursuit Mika, il faut l’écouter en marchant dans la rue ou au supermarché. Les gens vont penser que tu es fou, mais toi, dans cet instant, tu es fabuleusement fou et tu n’en as rien à foutre.»
«Golden» ou la pop trop parfaite
Les chansons d’Hyperlove ont d’abord été composées au piano par Mika, seul chez lui, avant que le travail en studio les transforme en pépites électro-pop, mais avec de l’équipement analogue. «L’album entier est enregistré avec de vrais instruments. C’était une décision consciente pour cultiver le côté imparfait de chaque son», explique l’artiste.
Est-ce à dire qu’il considère que la musique pop d’aujourd’hui est trop parfaite? Trop lisse?
«Un petit peu, parce qu’elle doit être efficace et que la consommation dominante, c’est 30 secondes sur TikTok», répond Mika, en donnant l’exemple d’une chanson qui a connu un succès mondial fulgurant en 2025.
«Golden (du film KPop Demon Hunters) est un énorme tube, mais je trouve que ça sonne moche. Il y a de superbes choses dans cette mélodie, mais le son… C’est comme si quelqu’un était en train de mastiquer mon oreille pour l’efficacité.»
- L’album Hyperlove, de Mika, est en vente maintenant.
- En concert à la Place Bell de Laval le 4 mai 2026.








