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Pollen Power: How Research Shows It Can Save Bees and Crops

Pollen Power: How Research Shows It Can Save Bees and Crops

2026-01-18 14:53:00

[Article déjà publié le 1er
octobre 2025]

Les colonies d’abeilles, essentielles à la pollinisation de
nombreuses cultures, sont de plus en plus fragilisées par une
accumulation de menaces biologiques. Virus, bactéries, champignons
ou parasites : plus d’une trentaine d’agents pathogènes ont déjà
été identifiés dans les ruches, mettant en péril la santé des
abeilles et la sécurité alimentaire mondiale. Face à l’inefficacité
croissante de certains traitements, notamment les antibiotiques,
une équipe de chercheurs du Washington College et de l’Université
du Wisconsin-Madison a exploré une piste inattendue.

Leur étude, publiée dans la revue Frontiers in Microbiology,
révèle que certaines bactéries naturellement présentes dans le
pollen — notamment des Streptomyces endophytes — produisent des
composés antimicrobiens actifs contre plusieurs pathogènes des
abeilles et des plantes. Une découverte qui pourrait transformer
les approches de lutte biologique en apiculture et en
agriculture.

Une biodiversité microbienne sous-estimée dans les réserves de
pollen

Les ruches d’abeilles mellifères (Apis mellifera)
stockent d’importantes quantités de pollen, essentielle source de
protéines pour la colonie. Mais ce pollen n’est pas stérile. En
réalité, il héberge une biodiversité bactérienne encore largement
méconnue. Et une partie pourrait jouer un rôle clé dans la santé
des abeilles. C’est ce qu’a démontré une équipe de chercheurs ayant
isolé 34 souches d’actinobactéries, à partir de pollen végétal et
de pollen stocké dans une ruche.

Parmi ces souches, 72 % appartiennent au genre Streptomyces,
connu pour sa capacité à produire des composés antimicrobiens. La
présence simultanée de ces bactéries dans les fleurs, sur les
abeilles butineuses et dans les ruches, suggère un transfert
régulier via le butinage. Les abeilles collectent ainsi non
seulement le pollen, mais aussi les microbes qui y résident.

Cette diversité microbienne semble dépendre étroitement de la
diversité végétale environnante. Une flore variée favoriserait la
richesse en bactéries bénéfiques disponibles pour les abeilles. À
l’inverse, les monocultures appauvriraient cette ressource
invisible, mais stratégique. La composition du microbiome du
pollen, jusqu’ici négligée, pourrait alors s’avérer déterminante
dans la résilience des colonies face aux maladies.

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Des composés naturels puissants contre les agents
pathogènes

L’un des résultats les plus remarquables de l’étude repose sur
les capacités antimicrobiennes des souches isolées. Grâce à des
essais dits de « compétition », les chercheurs ont évalué
leur efficacité contre six pathogènes majeurs. Trois affectent les
abeilles (Aspergillus niger, Paenibacillus
larvae
, Serratia marcescens) et trois ciblent les
plantes (Erwinia amylovora, Pseudomonas syringae,
Ralstonia solanacearum).

Pratiquement toutes les souches de Streptomyces testées
ont montré une inhibition significative de la croissance
d’Aspergillus niger. Ce champignon provoque la maladie du
« stonebrood » chez les abeilles. Cette infection est
redoutable par sa capacité à se propager silencieusement dans les
ruches. Elle affecte les larves d’abeilles, qui se momifient et
durcissent, ressemblant à de petites pierres.

Certaines souches ont aussi affiché une activité antimicrobienne
modérée à forte contre P. larvae, responsable de la loque
américaine. Il s’agit d’une maladie bactérienne mortelle touchant
également les larves d’abeilles et très contagieuse.

Côté végétal, des inhibitions nettes ont été observées sur les
agents responsables de brûlures bactériennes, de flétrissement et
de pourriture racinaire. Ces pathogènes représentent une menace
sérieuse pour l’agriculture mondiale. Ils affectent des cultures
comme le pommier, la tomate ou la pomme de terre.

Les bactéries isolées produisent une palette variée de
métabolites bioactifs. Les chercheurs ont identifié des classes
moléculaires spécifiques : PoTeMs (macrolactames polycycliques),
surugamides (peptides cycliques), lobophorines (molécules
antimicrobiennes) et sidérophores (capteurs de fer). Ces composés
sont connus pour leur large spectre d’action, leur stabilité et
leur faible toxicité pour les organismes non ciblés.

Cette capacité des bactéries du pollen à produire des
antibiotiques naturels pourrait faire émerger des solutions
alternatives aux traitements chimiques, à la fois en apiculture et
en agriculture.

Origine végétale et mécanismes d’intégration dans la ruche

Pour comprendre l’origine de ces bactéries bénéfiques, les
chercheurs ont mené une analyse génomique complète des souches
isolées. Ils ont découvert que ces Streptomyces ne sont
pas des microbes externes passivement transportés, mais bien des
symbiotes végétaux, issus des tissus internes des plantes, appelés
endophytes. Leur présence dans les grains de pollen indique qu’ils
colonisent les fleurs et sont ensuite récupérés par les abeilles
lors du butinage.

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Des gènes caractéristiques de l’endophytisme ont été retrouvés
chez toutes les souches analysées : enzymes de dégradation de la
paroi cellulaire végétale, production d’auxine et de cytokinines
(hormones de croissance), synthèse de sidérophores comme la
desferrioxamine pour capter le fer dans le sol ou dans l’hôte
végétal. Ces éléments leur permettent d’entrer dans les tissus
végétaux, d’y survivre et d’y interagir activement avec leur
hôte.

Une fois collectées, ces bactéries sont « rapportées »
à la ruche et se retrouvent dans les stocks de pollen. Elles
continuent ensuite à produire des composés antimicrobiens. Le
processus est donc entièrement naturel et intimement lié aux
comportements de butinage. Il s’agit d’un exemple saisissant
d’interaction tripartite entre plantes, microbes et insectes.

Ce mécanisme repose sur un écosystème complexe, mais cohérent,
dans lequel la diversité florale enrichit le microbiome pollinique,
et ce dernier enrichit à son tour la défense microbienne de la
ruche.

Une stratégie biologique prometteuse
pour l’apiculture durable

Les traitements actuels contre les maladies des abeilles
reposent en grande partie sur deux antibiotiques :
l’oxytétracycline et la tylosine. Leur usage, souvent contraint,
engendre des effets secondaires : altération du microbiote
intestinal des abeilles, risques de résistance, et contamination de
la cire ou du miel. De plus, certains pathogènes, comme
Paenibacillus larvae, ont déjà développé une résistance à
l’oxytétracycline, selon plusieurs études citées dans
l’article.

Face à ces limites, l’idée d’utiliser des bactéries bénéfiques
introduites dans la ruche gagne en pertinence. En reproduisant le
processus naturel décrit par l’équipe, il serait envisageable de
renforcer les défenses immunitaires microbiennes des colonies sans
altérer leur équilibre écologique.

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Concrètement, des souches spécifiques de Streptomyces,
isolées de plantes locales ou sélectionnées pour leur efficacité
antimicrobienne, pourraient être inoculées dans les ruches, soit
via le pollen, soit par des formulations adaptées. Cette stratégie
biologique, ciblée et respectueuse des abeilles, représenterait une
alternative sérieuse aux traitements classiques.

Les implications dépassent le cadre de l’apiculture. Les mêmes
bactéries produisent des composés actifs contre des agents
phytopathogènes majeurs. Cela ouvre la voie à des applications en
protection des cultures. Ces solutions naturelles pourraient ainsi
contribuer à une agriculture plus résiliente, en réduisant l’usage
de pesticides de synthèse.

Enfin, cette approche réhabilite l’importance d’un environnement
floral diversifié. Non seulement pour nourrir les abeilles, mais
pour maintenir un réseau de symbioses microbiennes protectrices. La
santé des pollinisateurs et celle des cultures apparaissent ainsi
comme étroitement interconnectées. Le tout par ce pont méconnu que
représente le microbiome du pollen.

Source :  Claire Reichardt et al., “Endophytic Streptomyces from
Honeybee Hives Inhibit Plant and Honeybee
Pathogens
”. Frontiers in
Microbiology
(2025).

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