2026-02-08 22:00:00
Après des années discrètes davantage consacrées à la production, ainsi qu’un passage en urgence dans l’Univers cinématographique Marvel (UCM), le réalisateur Sam Raimi retrouve enfin son chemin originel avec Send Help, au cinéma le 11 février 2026.
Un thriller psychologique mâtiné d’horreur et d’humour sanguinolent, qui voit Rachel McAdams suivre son instinct de survivante quand elle se retrouve sur une île déserte avec son horrible boss. Voici notre critique du film, garantie sans spoilers.
L’histoire du film
Seuls rescapés d’un accident d’avion, Linda Liddle et Bradley Preston se retrouvent coincés dans une île déserte. Pour ces deux collègues que tout oppose, l’heure est venue de surmonter les griefs du passé et de collaborer pour tenter de s’en sortir. Sauf qu’en fin de compte, la bataille pour la survie devient une épreuve de force, inquiétante et cruellement drôle, où chacun veut jouer au plus fin…
Rachel McAdams dans Send Help. © 20th Century Studios
Notre critique
La dernière fois qu’on avait croisé le grand Sam Raimi derrière une caméra, c’était en 2022 pour le film Marvel Doctor Strange in the Multiverse of Madness, pour lequel il avait remplacé en urgence Scott Derrickson, parti du projet à quelques mois du tournage. Avant cela, il faut même remonter au Monde fantastique d’Oz pour le voir aux commandes d’un long-métrage.
Autant dire que c’est un plaisir de voir aujourd’hui le réalisateur des cultes Spider-Man, Evil Dead, Darkman, Mort ou vif revenir loin des blockbusters de studio pour le plus modeste Send Help. Un nouveau film proche de son ADN, dans lequel il retrouve ses thèmes de prédilection : l’horreur, la comédie noire et la perversion du corps et de l’esprit.
Dylan O’Brien interprète l’insupportable Bradley Preston. © 20th Century Studios
Send Help est un mélange improbable entre Koh-Lanta, le roman Sa Majesté des mouches et les films Seul au monde et Misery. Le long-métrage digère habilement toutes ses références pour livrer un thriller psychologique au ton unique et dans le pur style de Raimi. Le cinéaste tire profit de son excitant postulat de base pour nous offrir une série B assumée, qui tourne notamment en ridicule la start-up nation et le patriarcat.
Le film enchaîne ainsi les scènes grand-guignolesques avec un plaisir à peine dissimulé. Horreur, gore, loufoque et comique s’entremêlent et vous feront autant éclater de rire que grimacer de plaisir. Un retour rafraîchissant de Raimi au ton comico-horrifique qui a forgé son succès, le tout généreusement arrosé de fluides corporels : sang, vomi et compagnie.
Au cœur de ce festival de fun et d’entrailles, on retrouve Dylan O’Brien (Le Labyrinthe) et Rachel McAdams, qui ont l’air de s’amuser comme des petits fous, mettant en scène avec délice les fantasmes d’employés de bureau rêvant de se venger de leurs supérieurs hiérarchiques. Il est particulièrement plaisant de voir McAdams dans un rôle comme celui-ci, et l’actrice de Game Night, N’oublie jamais et Il était temps prouve une nouvelle fois qu’elle peut tout faire.
Send Help est le nouveau film de Sam Raimi. © 20th Century Studios
Tout n’est cependant pas parfait dans Send Help et son ton particulièrement crasseux ne plaira assurément pas à tout le monde. De plus, une fois passée la mise en place, le film ne semble pas savoir quoi faire de son concept excitant, notamment comment le conclure en beauté. Résultat, le troisième acte du long-métrage apparaît particulièrement redondant et paresseux. Un final brouillon qui enlève forcément un peu de saveur à l’ensemble. Dommage.
Send Help sort au cinéma le 11 février.
- Regardez la bande-annonce du film :
Conclusion
Comment fonctionne la notation ?
Send Help est un retour salvateur aux sources pour Sam Raimi après des années de blockbusters. Une bouffée d’air pur (et de sang frais) porté par le duo central Dylan O’Brien/Rachel McAdams, qui assume son côté série B, offrant une aventure à la fois loufoque, gore et définitivement jubilatoire. Malgré quelques défauts, dont un dénouement qui manque un peu de punch, le film ravira les fans de Raimi et les adeptes de divertissement décomplexé.