Charlevoix Strike Disrupts Club Med Guest Experience

2026-01-15 17:00:00

(Québec) Des clients du Club Med qui ont payé le gros prix pour skier au Massif de Charlevoix demandent en vain à l’entreprise de les rembourser, alors que la montagne est en grande partie fermée à cause d’une grève des employés.

Publié à

Ryan, un père de famille de l’Ontario, a conduit 10 heures cette semaine pour se rendre en famille de Toronto à Charlevoix.

Passionné de ski, l’Ontarien avait fait l’expérience du Massif l’année dernière et avait adoré. Avec une autre famille, il a réservé son séjour au Club Med il y a un an.

Mais les quelque 300 syndiqués du Massif ont voté en faveur d’une grève générale illimitée le 2 janvier. Depuis une semaine, les cadres opèrent une petite partie de la station, soit le secteur Camp-Boule.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Des employés du Massif font du piquetage à l’entrée de la station.

Le Massif a offert mercredi de s’en remettre à l’arbitrage. Le syndicat a pour l’instant refusé cette option, privilégiant les négociations. Les syndiqués se rencontrent jeudi pour faire le point.

« Nous venons dans Charlevoix pour skier, mais l’offre de ski actuellement est de même niveau que les petites montagnes locales près de chez moi », déplore Ryan en entrevue téléphonique.

L’homme ne blâme pas les employés ou Le Massif : les grèves font partie de la vie. Mais il dénonce la gestion de crise du Club Med, qui refuse de rembourser ses clients.

« J’ai entendu dire que puisque le ski n’est pas à la hauteur, l’hôtel a mis en place des sorties de raquettes, ou encore la construction de bonhommes de neige ou d’igloo », dit-il.

« Mais je ne vais pas conduire 10 heures pour faire de la raquette ou des bonhommes de neige… »

Pour lui et sa famille, il en coûte plus de 4000 $ pour trois nuits au Club Med Charlevoix.

L’hôtel situé au bas des pistes permet normalement aux clients de chausser les skis dès qu’ils sortent à l’extérieur. Ils ont ensuite accès à la base de la montagne et aux principaux télésièges, notamment la télécabine. Or ce versant de la station, le principal, est fermé durant la grève.

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Les télécabines du Massif sont à l’arrêt depuis le début de la grève.

La section ouverte comporte des pistes plus courtes et un seul télésiège est en service. Puisque ce secteur n’est pas accessible depuis la base de l’hôtel, les clients sont acheminés au sommet dans des autobus scolaires.

Un crédit futur de 30 %

Dans les circonstances, plusieurs clients ont demandé un remboursement total ou partiel au Club Med. Celui-ci a refusé selon plusieurs témoignages.

Dans un courriel envoyé aux clients que La Presse a consulté, Club Med offre pour chaque jour de grève un crédit reflétant 30 % de la valeur du séjour. Mais ce crédit n’est pas un remboursement : il doit être utilisé lors d’un prochain voyage dans un Club Med.

Des clients se sont aussi fait offrir de repousser leur réservation dans Charlevoix, mais uniquement d’ici avril et sous réserve de disponibilité.

« Ça fait un an qu’on planifie ce voyage, explique Ryan. Une autre famille est impliquée. C’est impossible pour nous de repousser d’ici avril… »

L’homme a exigé un remboursement partiel, en vain, dit-il.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs clients dénoncent cette situation. « Il y a plus de dénivelé sur la plupart des buttes en Ontario qu’au secteur Camp-Boule », dénonce par exemple un utilisateur de Reddit, qui dit avoir une réservation pour le 8 février.

Contacté par La Presse, Club Med n’a pas commenté sa politique de compensation. L’entreprise française, propriété du conglomérat chinois Fosun, a dit souhaiter une résolution rapide du dossier.

« Nous comprenons que ce contexte puisse susciter des préoccupations chez nos invités, et nous tenons à exprimer notre empathie face à ce mouvement qui entraîne une ouverture réduite du domaine skiable », a indiqué une porte-parole, Philia Sephora Yatchou.

Club Med assure mettre en place « des activités hivernales alternatives, une programmation familiale enrichie ainsi qu’un renforcement de l’offre de restauration », au vu de la situation.

Option Consommateur explique que les clients ont des recours en cas de conflit de travail.

Une grève peut être considérée en droit comme une force majeure, et dans le cas de force majeure si le commerçant n’est plus en mesure d’offrir ses services, le consommateur a le droit d’être remboursé.

Sara Eve Levac, avocate et analyste à Option consommateur

« Si j’achète un voyage au Club Med, le voyage doit être conforme à ce que j’ai acheté, ajoute-t-elle. Si par exemple je vais dans le sud et on me dit que j’ai une vue sur la plage, mais que je ne l’ai pas, je peux m’attendre à obtenir un certain remboursement. »

Au Massif, le service est cependant en partie offert, puisqu’une partie du domaine skiable est ouverte.

Quant au conflit de travail, les discussions sont encore au point mort. La question salariale est centrale. Le Syndicat des travailleuses et travailleurs du Massif (CSN) estime que les salaires des membres n’ont pas augmenté suffisamment depuis la convention de 2020, survenue juste avant des années d’inflation galopante.

Dans un communiqué de presse, Le Massif indique avoir bonifié en 2022 « de son propre gré » la rémunération horaire conventionnée d’un dollar pour tous les employés, « afin de préserver leur pouvoir d’achat ». L’employeur assure également que les hausses de salaire accordées depuis 2020 ont dépassé l’inflation.

Leave a Comment