From Supported Employment to Permanent Role: Sabine’s Success Story

2026-02-01 01:27:00

Décrocher un CDI en travaillant simultanément dans un Esat (établissement d’aide par le travail) et au sein d’une entreprise, c’est possible. Depuis le 1er janvier 2023, les travailleurs handicapés peuvent cumuler les deux, sous forme de contrat partagé. Une solution “passerelle” pour favoriser le passage en milieu ordinaire.

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Pour Sabine Heuveline, décrocher un CDI à temps partiel dans une entreprise en milieu ordinaire, c’est l’aboutissement d’un projet professionnel, après 22 ans passés à l’Esat Robida, à Port-Brillet (Mayenne).

Deux jours par semaine, la jeune femme rejoint son poste d’assemblage dans les ateliers de Step Concept, au Genest-Saint-Isle, une entreprise spécialisée dans la fabrication des marchepieds et des rampes pour les véhicules. Le reste du temps, elle continue son activité à l’Esat. Avec l’objectif d’augmenter progressivement son temps de travail en entreprise.

“Être dans une entreprise ou dans un Esat, c’est pas pareil. Ici, je ne suis pas considérée comme handicapée et ça, c’est important, très important pour moi”, confie la jeune femme.

Avant de signer son CDI en janvier 2025, Sabine avait déjà travaillé pendant quatre ans dans cette entreprise. Des missions de quelques jours qui ont rapidement abouti à un CDD de six mois.

Sabine Heuveline a été embauchée par l’entreprise Step Concept en janvier 2025

© Florie Cotenceau

Pour Olivier Anet, le dirigeant de Step Concept, recruter Sabine tombait sous le sens. “C’est une employée modèle, elle fait le travail de n’importe quel salarié aujourd’hui et on la considère comme n’importe quel salarié de l’entreprise. Pour nous, il n’y a aucune différence”.

“On est prêt à l’accueillir à 100% et si le besoin se présentait, de renouveler l’opération avec d’autres personnes de l’Esat qui ont le même profil que Sabine”, ajoute-t-il.

Un nouvel environnement professionnel et de nouveaux collègues. Beaucoup de changements auxquels Sabine a su s’adapter au fil de temps. D’autant que dans l’atelier, il n’y a que des hommes.

C’est vrai qu’au début, elle était un peu stressée et puis au fur et à mesure, elle a réussi à bien s’intégrer dans l’équipe. On est très à l’aise avec elle et elle est très à l’aise avec nous. On est très heureux de travailler avec Sabine !

Kévin Haquin

Employé de production

Ce type de contrat avec un emploi partagé entre le milieu ordinaire et le milieu protégé existe depuis 2023 et c’est une vraie chance pour les travailleurs handicapés prêts à expérimenter le monde de l’entreprise.

“Ces contrats partagés, ça permet de sortir du tout ou rien. Pendant longtemps, il fallait choisir : c’était soit l’Esat, soit le milieu ordinaire, on ne pouvait pas faire les deux, ce qui dissuadait une grande partie de nos travailleurs. Là, ça ouvre le champ des possibles, ça permet de franchir le pas”, se réjouit Emmanuel Gerboin, le directeur de Robida.

“Ça permet surtout de rassurer le travailleur sur le fait qu’il continuera à bénéficier d’un soutien au niveau de son activité à l’Esat et de rester en relation avec ses pairs parce que ça peut être un frein d’avoir de nouveaux collègues”.

Ça permet de prendre le temps de s’intégrer au sein d’une entreprise avec l’objectif, à terme, que la personne puisse avoir suffisamment confiance pour pouvoir partir définitivement de l’Esat

Emmanuel Gerboin

Directeur de Robida

Pour les travailleurs comme Sabine, ce contrat partagé c’est comme un filet de sécurité. Si elle ne cache pas son envie de travailler à plein temps dans l’entreprise, elle a encore besoin de temps. “C’est pas facile de partir, ça fait longtemps que je suis là, j’ai mes collègues, mes responsables. C’est pas facile de quitter son nid comme on dit ! Peut-être dans deux ou trois ans”, explique-t-elle.

Contrairement aux idées reçues, certains travailleurs occupent des postes à forte valeur ajoutée mais ce qui est souvent difficile, c’est la confiance en soi. “À l’Esat, on travaille sur la confiance avec la montée de compétence, la formation professionnelle, la reconnaissance des acquis d’expérience. Et l’objectif, c’est qu’ils se fassent suffisamment confiance pour expérimenter un travail au sein d’une entreprise classique. Et ce parcours il est important car certaines personnes peuvent se sentir en difficulté quand elles ne se sont pas intégrées à l’extérieur”, poursuit Emmanuel Gerboin.

Grâce à ces contrats partagés, en Mayenne, plus de 80 travailleurs d’Esat ont franchi le pas vers le monde de l’entreprise et trois d’entre eux ont décroché, comme Sabine, un CDI.

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