Louise Weiss and Asia: A Cultural Celebration at Saverne’s Rohan Castle Museum

2026-02-07 17:02:00

C’est un pan de sa vie moins connu et pourtant non dénué d’intérêt, voire crucial au sein de l’œuvre journalistique de Louise Weiss. Cette femme lettrée et journaliste visionnaire du XXe siècle a non seulement pris fait et cause pour la paix et l’égalité des droits en Europe, mais elle a aussi parcouru le monde. « On connaît surtout Louise Weiss sous l’angle de la journaliste de l’entre-deux-guerres, mais, après la Seconde Guerre mondiale, elle a effectué 30 années de voyages, sur tous les continents excepté l’Océanie », souligne ainsi Emmanuelle Thomann, conservatrice du musée de Saverne.

Et notamment l’Asie, dont elle a rapporté nombre d’observations, archives, photographies et même des films, dont elle assurait ensuite la promotion. Trois d’entre eux pourront d’ailleurs être visionnés par le public au musée du château des Rohan de Saverne, outre diverses photographies et archives éminemment instructives, tant sur la situation géopolitique de l’époque que les cultures des pays qu’elle a visités, ou sa personnalité si libre et volontaire ! Car ce sont précisément les voyages en Asie de Louise Weiss que le musée a choisi d’explorer et exposer cette année.

Le choc des cultures

Son objectif à l’époque : observer comment se passait l’occupation américaine mise en place au Japon – sous le commandement du général Douglas MacArthur, devenu gouverneur militaire du pays après la signature des actes de capitulation du Japon le 2 septembre 1945, lesquels concrétisent la fin de la Seconde Guerre mondiale.

Elle arrive donc au Japon en 1949 pour observer ce choc des cultures. La même année, elle est invitée à se rendre en Corée, où elle se rend sur le front de ce qui deviendra le 38e parallèle nord et séparera les deux Corée. Six mois après sa venue, de fait, la guerre éclate. De Corée, elle se rend en Chine et assiste à la création de la République populaire de Chine, sous l’impulsion de Mao Zedong, le 1er octobre 1949. Le pays est alors exsangue et Mao Zedong compte le mettre au pas pour le redresser. Ce qu’il fera pendant quelque temps avant que la situation ne tourne au cauchemar.

Louise Weiss est donc observatrice en première ligne de ces bouleversements historiques, tant à l’échelle des pays qu’à l’échelle individuelle. À cet égard, elle rapporte notamment des photographies des séquelles corporelles subies par les Japonais à cause des bombes atomiques lancées à Hiroshima et Nagasaki. En 1958, elle retourne en Chine et en rapportera des films, dont ceux présentés cette année au musée de Saverne.

Carnets de voyage

Ses impressions, réflexions et observations se trouvent, dans cette exposition, savamment présentées sous forme de carnets de voyage. Ceux-ci sont découpés en trois temps : une mise en contexte historique ; des dessins, citations et photographies ; et l’angle sous lequel Louise Weiss a fait son voyage.

Ajoutons à cela des explications fournies de la passionnée et passionnante conservatrice Emmanuelle Thomann et des animations artistiques de la médiatrice Leslie Goulu, et nous obtenons la recette d’une exposition instructive, donnant matière à réfléchir au regard de la situation géopolitique actuelle de notre planète.

L’avantage d’une présentation sous forme de carnets de voyage ? Visuellement, c’est réussi. Cela laisse également le loisir au visiteur de picorer ici et là, à sa guise, les trésors rapportés par Louise Weiss et de vagabonder d’un pays à l’autre, dans les pas de cette « journaliste jusqu’à la moelle » – dixit Emmanuelle Thomann – et observatrice chevronnée.

L’exposition est ouverte depuis ce samedi 7 février jusqu’au 15 novembre 2026.

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