2026-01-28 14:26:00
Donald Trump a pressé mercredi l’Iran de conclure un accord sur le nucléaire, affirmant sur sa plateforme Truth Social que « le temps était compté » avant une attaque américaine contre Téhéran.
Espérons que l’Iran acceptera rapidement de “s’asseoir à la table” et de négocier un accord juste et équitable – PAS D’ARMES NUCLÉAIRES
, a écrit le président américain, menaçant d’une attaque bien pire
que les frappes américaines contre des sites nucléaires iraniens en juin dernier.
Washington a renforcé sa présence dans le Golfe en y envoyant le porte-avions Abraham Lincoln et son escorte, dont l’armée américaine a annoncé lundi l’arrivée sur place.
Évoquant une « armada massive », Donald Trump a affirmé qu’il s’agissait d’une flotte plus importante […] que celle envoyée au Venezuela
, en référence à l’important dispositif militaire déployé depuis cet été dans les Caraïbes.
Comme dans le cas du Venezuela, elle est prête, disposée et capable d’accomplir rapidement sa mission, avec rapidité et violence si nécessaire
, a-t-il ajouté.
Les tensions entre les États-Unis et l’Iran sont au plus haut depuis que Téhéran a réprimé dans le sang les manifestations d’ampleur qui se sont tenues au début d’année dans le pays.
L’Iran répondra comme jamais
L’Iran répondra comme jamais
en cas d’agression américaine, a réagi la mission iranienne à l’ONU sur X mercredi.
L’Iran se tient prêt pour un dialogue basé sur le respect et les intérêts mutuels – mais si on le pousse, il se défendra et répondra comme jamais!
, dit le message posté en réaction à une prise de parole de Donald Trump sur Truth Social.
Plus tôt dans la journée, Téhéran avait rejeté l’option de négociations avec les États-Unis tant que leurs menaces
persistent, après l’envoi de navires américains au large de l’Iran en réponse à la répression du mouvement de contestation.
Alors que se déploie dans le Golfe une force navale américaine, de hauts responsables iraniens se sont tournés vers des pays arabes, tels que l’Arabie saoudite, pourtant ancien rival régional, semblant vouloir s’assurer de leur soutien.
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi (Photo d’archives)
Photo : Reuters / Denis Balibouse
Les autorités iraniennes avaient signalé qu’un canal de communication avait été ouvert avec Washington, mais le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi a estimé mercredi que, pour négocier, les Américains allaient devoir cesser les menaces, les demandes excessives
.
Faire de la diplomatie tout en formulant des menaces militaires ne peut être ni efficace ni utile
, a-t-il déclaré à la télévision, assurant n’avoir eu aucun contact
avec l’émissaire américain Steve Witkoff et que Téhéran n’avait pas cherché à négocier
.
Des analystes estiment que les options envisagées par Washington incluent des bombardements de sites militaires iraniens ou des frappes ciblées contre des dirigeants pour faire tomber le pouvoir, aux commandes depuis la révolution islamique de 1979.
D’après le président Trump, les Iraniens veulent négocier.
Ils veulent passer un accord. Je le sais. Ils ont appelé à de nombreuses reprises. Ils veulent parler
, a-t-il déclaré au média américain Axios.
Désescalade
Pour conjurer la menace d’intervention militaire, l’Iran redouble d’efforts diplomatiques dans la région.
Le président Massoud Pezeshkian s’est ainsi entretenu avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane, qui lui a assuré que Riyad n’autoriserait aucune attaque contre l’Iran lancée depuis le territoire saoudien, arguant du respect de la souveraineté de la République islamique
.
Côté qatari, le premier ministre et chef de la diplomatie, cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani, a réitéré auprès de Ali Larijani, un proche conseiller du guide suprême iranien, le soutien du Qatar à tous les efforts visant à la désescalade et aux solutions pacifiques pour sécuriser et stabiliser la région
, a rapporté mercredi son bureau.
L’Iran avait prévenu qu’il considérerait les pays voisins comme hostiles
si leur territoire était utilisé pour le frapper.

Le président iranien Massoud Pezeshkian s’est entretenu avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane. (Photo d’archives)
Photo : Reuters / Site web de la présidence iranienne
Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales des Gardiens de la Révolution, armée idéologique de la République islamique, a menacé d’un blocage du détroit d’Ormuz, passage clé pour le transport mondial de pétrole et gaz naturel liquéfié.
Au Caire, le chef de la diplomatie Badr Abdelatty a parlé à la fois avec MM. Araghchi et Witkoff, soulignant auprès d’eux l’importance de travailler à la désescalade
et de créer les conditions nécessaires à la reprise du dialogue avec les États-Unis et l’Iran
.
Nouveaux aspects de la répression
À Téhéran, de nouveaux panneaux qui montrent l’Iran frappant le porte-avions américain et diffusent des slogans anti-américains de l’ayatollah Ali Khamenei sont apparus, ont constaté des journalistes de l’AFP.
D’après un bilan actualisé de l’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux États-Unis, 6221 personnes ont été tuées durant le mouvement de contestation en Iran, qui a débuté par des revendications économiques avant de viser le pouvoir.
Parmi ces morts, 5856 sont des manifestants, 214 des membres des forces de sécurité, 49 des passants et 100 des mineurs, selon cette source.
L’organisation, qui dispose d’un vaste réseau de sources dans le pays, enquête sur plus de 17 000 potentielles morts supplémentaires et estime qu’au moins 42 324 personnes ont été arrêtées.
L’ONG affirme que la répression se poursuit, les forces de sécurité recherchant des manifestants blessés dans des hôpitaux et des médecins les ayant aidés, tandis que des aveux forcés
sont toujours diffusés à la télévision d’État.
Cela met en lumière de nouveaux aspects de la répression sécuritaire persistante après les manifestations
, selon HRANA.
Le travail de documentation de la répression des ONG reste entravé par la coupure générale d’internet imposée depuis le 8 janvier.