2026-02-24 21:33:00
Une entreprise comme Felco pourrait se voir rembourser des millions de francs avec la décision de la Cour suprême américaine d’annuler les droits de douane de Donald Trump. Invité dans Forum, le patron de l’entreprise estime que la priorité doit toutefois être mise sur la lutte contre le franc fort.
Spécialisée dans les outils de jardinage, notamment les sécateurs, l’entreprise Felco compte une filiale aux Etats-Unis. Le marché américain représente environ un quart de ses ventes. Pas moins de 95% de sa production est exportée dans plus de 120 pays.
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Invité dans Forum, le patron de Felco Nabil Francis explique avoir entamé des démarches pour tenter de récupérer les droits de douane jugés illégaux par la Cour suprême américaine. La somme qu’il pourrait récupérer se compte “en millions” de francs, assure-t-il.
L’administration des douanes “débordée”
Nabil Francis est conscient que le processus prendra du temps. “Lors du passage de la taxe de 39% à 15%, nous avions eu l’information que ce serait rétroactif. Nous avons donc demandé des remboursements pour ces montants. Aujourd’hui, l’administration des douanes, vous vous en doutez, est très clairement débordée.”
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Il précise ne pas encore avoir eu de retours. “Maintenant, il s’agit de demander un remboursement rétroactif depuis avril 2025. Je pense que ça sera un marathon plutôt qu’un sprint.”
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Pour une intervention de la BNS
La préoccupation de Nabil Francis se trouve toutefois ailleurs. “Ce qui nous inquiète, nous, chefs d’entreprises, et de surcroît à la tête de PME qui exportent, c’est l’appréciation continuelle du franc.” Il estime que le franc fort “rogne les marges et pose une vraie question sur le futur de l’industrie exportatrice en Suisse”.
Une intervention de la Banque nationale suisse (BNS) sur le marché des changes serait plus utile qu’un accord négocié entre la Suisse et les Etats-Unis sur les droits de douane, estime Nabil Francis. “Le franc nous fait beaucoup plus de mal, malgré tout ce qu’on entend.”
“Je n’ai pas la prétention d’avoir toutes les solutions, mais il est nécessaire d’avoir un débat. Il faut se rendre compte que la politique de l’autruche, aujourd’hui, ça ne marche plus. Le contexte a changé. Ce ne sont pas les recettes du passé qui vont garantir notre prospérité dans le futur”, conclut-il.
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Propos recueillis par Mehmet Gultas et Coralie Claude
Texte web: asch